Compte rendus des réunions nationales préparatoires au Congrès  du vendredi 29 août 2008.


 


Quel projet politique et quels nouveaux rassemblements ?

Rencontre nationale à Marseille.

Pour ma part, j’estime que c’est la question majeure à travailler pour notre 34e congrès. Car il est urgent de construire ce projet politique afin que les forces populaires et progressistes puissent riposter au projet de société (de civilisation) de la droite, du Medef et de Sarkozy. Cette absence de projet de gauche entraine, confusion des repères droite-gauche et un rapprochement entre une partie de la gauche et de la droite ; nous le constatons trop souvent autour de nous, localement et nationalement. Cependant, il est essentiel que nous (les communistes) nous mettions d’accord sur la conception et les objectifs de ce projet. Pour ma part, il ne doit pas être un programme émettant toutes les propositions du PCF (celles-ci doivent exister et continuer à être approfondies). Il doit partir des réalités et définir les quelques grandes réformes qui peuvent changer la vie courante dans les années à venir, ne confondons pas notre ambition : le communisme et le projet politique. Il doit avoir une vocation à devenir le bien commun d’hommes et de femmes pour devenir majoritaire dans le pays. Nous, adhérents du PCF devons travailler à la contribution des communistes à ce projet, qui devra pour devenir majoritaire, s’enrichir de l’apport d’autres citoyens et forces progressistes. Mettons-nous aussi d’accord sur les objectifs de projet politique : pour ma part il doit permettre le débat sur ce que la gauche doit proposer et réaliser, un débat qui doit être populaire et devenir majoritaire au point que tous ceux se revendiquant de la gauche ne puissent s’en abstraire. Un projet qui vise à transformer le rapport de forces au sein de la gauche et dans le pays (entre acceptation de la domination capitaliste et lutte pour se libérer de cette domination). Cela, à mon avis prendra du temps et nécessitera une longue période de confrontations, de travail au sein de la gauche. Ce projet politique, doit intégrer les conditions politiques pour le construire et le réaliser, ce qui passe par la question avec qui ? et comment ? , et donc des rassemblements nécessaires ; sauf à penser que le PCF devrait revenir à une conception de “parti-guide”, ou de décréter que tout rassemblement de gauche sans définition de contenus clairs et partagés, pourrait réussir. C’est pourquoi, nous devons examiner les formes de rassemblement initiées dans le passé et pourquoi elles n’ont pas porté les fruits escomptés par nous, communistes, et ceux et celles qui en attendaient beaucoup. Je suis d’accord pour parler de “nouveaux rassemblements” (au pluriel), car sans vouloir jeter aux orties ce que nous avons décidé collectivement et mis en oeuvre (parfois pas assez collectivement) il nous faut prendre en compte les exigences, les défis d’aujourd’hui, tant sur la question de la démocratie, que sur les lieux de rassemblements à construire, telle que l’Europe et le Monde. Trop souvent dans nos discussions, vient la question “avec qui se rassembler ? PS ou LCR ?” comme si les rassemblements ne seraient affaires que de partis et d’organisations. Il ne s’agit pas que de prise de pouvoir, mais de travailler à des prises de conscience, et prises en main, par l’individu non seulement de son destin mais celui du collectif, de la société. Certes je ne récuse pas l’idée de construire des alliances nécessaires pour des prises de pouvoir, mais elles devraient être la résultante des rassemblements que nous avons contribué à construire et non l’inverse. Les élections européennes, en juin 2009, devraient être un “exercice” pratique de construction de projet politique pour l’Europe et de nouveaux rassemblements. A nous d’en décider, en sachant qu’il y a urgence à changer l’Europe. Isabelle DE ALMEIDA


Rencontre nationale à Paris.

Son thème : “Quelle analyse du monde aujourd’hui ? “

Deux cent cinquante participants venus de 57 départements, dont je faisais partie, se sont retrouvés pour échanger et mettre en commun leurs analyses de l’état du monde. Pierre LAURENT a ouvert les débats en expliquant que la situation est ambivalente en France, face à l’absence d’alternative politique crédible. Le parti doit donc formuler une offre politique lisible, il faut à la fois repenser l’avenir du parti et mieux comprendre l’état du monde et de la nature de ses crises. Marie-George Buffet a lancé un appel pour que plus de communistes travaillent à la préparation du Congrès. Elle a lancé un appel à un débat “sans auto-censure et sans peur” et d’éviter des “comportements de clan”. Jacques Fath a insisté ensuite sur la nécessité de réinvestir fortement le champ des enjeux internationaux, de renouveler notre approche du monde. Alain Hayot a parlé d’un nouveau mode de développement qui est une nécessité, face à la crise alimentaire, au pillage des matières premières, du droit à la qualité de la vie, à une alimentation de qualité, du droit à la ville (transports, équipements collectifs), du droit à l’eau... d’investir un nouveau développement non productiviste susceptible de préserver la planète. il s’agit de repenser les contenus de la croissance. Patrick Le Hyaric a fait une introduction sur la question posée lors de cette journée, consistant à comprendre le monde tel qu’il est devenu. Cette question est décisive pour l’élaboration d’un projet de changement dans notre pays et pour rechercher les alliances à construire. Jérôme Relinger est intervenu sur le thème “pour une civilisation de la connaissance démarchandisée”. Nous vivons un changement d’époque, les difficultés des communistes à voir le monde dans lequel nous sommes, sont au coeur de celles que nous éprouvons à formuler des propositions crédibles pour en révolutionner le cours. Une journée de réflexion et d’échanges utiles et constructifs pour avancer dans la préparation du congrès. Luc Morin


Les transformations du PCF que nous voulons construire.

Rencontre nationale à Tours, lieu symbolique pour tenir une rencontre nationale, pour repenser le changement. Le 14 juin en arrivant devant le Palais des congrès, un bus “donnez votre sang pour la vie” : est-ce le sang du renouveau ? Un sang nouveau pour un PCF plus efficace, plus influent, pour un souffle nouveau, pour changer la société. En rentrant dans le palais, échanges, confrontations, entre anciens, nouveaux, jeunes, moins jeunes, tous veulent un outil performant, utile et pour cela il faut un parti unitaire. Après les 3 introductions nous avons travaillé en ateliers. J’ai participé au 3e. Thème : fonctionnement, démocratie, directions. Comment allier : rayonnement individuel et efficacité, visibilité collective, proximité et portée symbolique, diversité et unité de projet et d’action ? Faut-il redéfinir des espaces et formes de pouvoir d’intervention des adhérents ? Comment différencier lieu d’action et lieu de souveraineté ? Comment rechercher la consultation la plus directe possible des communistes ? Diversité : nous en avons fait une référence. Avons-nous réussi à en faire un atout, pour comprendre les divergences et construire les meilleures réponses ? Ou est-elle une source de stérilisation, de création, de tendances ? Le temps nous a manqué pour approfondir, pour pointer l’ensemble des problèmes et des réponses que nous devons apporter. La volonté de travailler ensemble a permis d’avancer et d’approfondir des pistes de réflexion. Sur la démocratie A chaque niveau, les décisions prises à la majorité, engagent le parti. Elles devraient engager les différents comités exécutifs pour leur mise en oeuvre. Une décision majoritaire, c’est quoi ? Discussion sur “petite ou grande” majorité. Il ne faut pas tomber dans les excès des Verts. Une majorité, c’est : 50% et 1 voix. Consultations. Comment faire participer tous les adhérents ? Attention à ne pas trop les multiplier, elles sont nécessaires pour des choix stratégiques. Les tendances. De fait, elles ont toujours existé dans le parti, même au temps du centralisme démocratique. Dans nos statuts, les adhérents qui ne partagent pas les décisions majoritaires, gardent le droit de défendre et d’exprimer leur point de vue. Mais attention, cela ne doit pas entraîner l’immobilisme. Formation et direction. Un effort important devrait être porté sur cette question afin que chaque communiste puisse en connaissance de cause, se forger une opinion et la défendre. Comment organiser le CEN pour qu’il réponde aux objectifs politiques qu’on lui assigne ? Il faut dépasser les dosages savants et paralysants de différentes sensibilités “politiques”. Il devrait être composé en fonction de ses seuls objectifs et de la disponiblité de ses membres à les assurer et les assumer. Carte sur table, sérénité, débat c’est ce qui a animé cette journée, pas de questions ou de réponses tabous. C’est cette volonté que j’ai ressentie : aller de l’avant ensemble pour rechercher la “meilleure” organisation du parti, c’est possible, c’est la volonté de la majorité des communistes. Alors chiche, débattons dans nos cellules et nos sections. Yvon Holin


Rencontre nationale de Tours

Quelles transformations du PCF ?

Il ne s’agit pas pour moi de faire un compte-rendu exhaustif (les textes des interventions sont disponibles par ailleurs) ni de faire ce que les journalistes appellent un "papier d’ambiance". Alors quoi ?... eh bien je veux ici donner mon avis sur une question essentielle que je formulerai ainsi : Deux défis existentiels, parmi d’autres, sont lancés au PCF d’aujourd’hui : Saura-t-il donner à voir le sens profond de l’engagement des hommes et des femmes qu’il réunit dans un même combat de classe et sociétal pour l’émancipation, la solidarité et le libre épanouissement des individualités ? • Saura-t-il élaborer pour lui-même des formes d’existence et de fonctionnement en conformité nécessaire avec cette visée libératrice ? Deux points sont principalement soulevés ici : a) l’invention d’une nouvelle "centralité" sur un plan horizontal (en lieu et place d’une "hiérarchie" selon une ligne verticale) ; b) faire droit à la liberté d’expression des adhérent-e-s dans leur diversité sans tomber dans le système des tendances. À partir de là, la question essentielle dont je veux parler est la suivante : le PCF, pris dans sa réalité d’aujourd’hui, est-il, oui ou non, capable de répondre de lui-même à ces deux défis, étant entendu que les réponses ne peuvent se concevoir que dans une ouverture à toute la force communiste ? Eh bien, je pense que oui ! C’était déjà ma conviction avant d’aller à Tours. J’en suis plus que jamais intimement persuadé. J’ai vu et entendu des militantes et des militants parfaitement conscient-e-s des défis que je viens d’évoquer, des militantes et des militants passionnément conscient-e-s de leurs responsabilités en matière de créativité et d’audace concernant leur propre Parti. Je n’écris pas cela pour faire du flon-flon consensuel. Bien au contraire, j’écris cela pour souligner combien me sont apparues, par contraste, stupides et vaines les affirmations selon lesquelles rien de neuf ne pourrait naître du "cadre existant" (formule vague, antidialectique et mystificatrice) ou selon lesquelles la "matrice léniniste de 1920" (comme disent les perroquets liquidateurs) nous aurait si profondément empreints que nous ne pourrions plus servir à autre chose qu’à former les régiments de fantassins d’un "nouvel acteur politique". Cela dit, le devoir d’inventaire et d’invention n’en ressort que plus vivement. Qu’on me permette deux remarques particulières à ce propos, d’après ce que j’ai noté : a) Il existe, me semble-t-il, une forte majorité pour dire que la forme "parlementaire représentative" donnée à l’organe national de direction (le Conseil National) est un échec et qu’il faut songer à autre chose ; b) l’expérimentation et la réflexion sur le rôle bien plus large que pourraient jouer les sections, en tant qu’organes de base de la souveraineté des adhérents sur leur Parti, devraient être poursuivies. Jean Cathenoz






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