Conseil Régional du 24 Septembre : déclaration du groupe communiste à propos d’Areva  du vendredi 16 novembre 2007.


 


Séance plénière du Conseil Régional

Dijon le 24 septembre 2007

Déclaration du Groupe Communiste : Jacky DUBOIS

Avec la présence d’AREVA notre région dispose sur son territoire d’un fleuron industriel que beaucoup nous envient.

Nous mesurons toute l’importance que représente un tel groupe en Bourgogne dans le domaine économique, sur le plan social avec les milliers d’emplois directs et indirects présents, mais aussi son impact non négligeable en matière de formation.

Au-delà de ces aspects, nous avons également conscience du rôle joué par cette filière publique de production d’énergie en matière de sûreté, d’indépendance énergétique, de coût de l’électricité pour l’usager et économique pour le commerce extérieur.

Faisant fi de toutes ces considérations et intérêts pour notre pays et après la privatisation de GDF, offert à Suez, voici venir le tour d’AREVA.

Evidement l’enjeu financier est colossal. L’enjeu social ne l’est pas moins, qui risque à brève échéance de faire des dégâts aussi bien à GDF, à Suez que chez EDF.

Bien que dans les hautes sphères du pouvoir on en était à répéter que l’ouverture du capital n’est "pas l’ordre du jour", il est de notoriété publique que la présidente d’AREVA, Mme Lauvergeon, travaille sur cette question depuis des années, et il est également reconnu qu’une banque privée britannique et un cabinet d’affaires américain sont déjà missionnés pour le montage financier de l’opération.

Engagée par la précédente majorité de droite, le dépeçage en règle de l’énergie publique connaît une accélération notable. Si ce scénario était concrétisé, il confirmerait l’entrée du groupe Bouygues dans la filière nucléaire, déjà présentée lors de sa prise de participation dans le capital d’Alsthom.

Le Président de la République met en œuvre avec acharnement ses orientations libérales et la disparition progressive du secteur public, en accord avec les orientations européennes. Les enjeux sont particulièrement importants dans le domaine nucléaire et au-delà. En effet, il touche au prix futur de l’électricité ; le coût du Kwh est un des plus bas par rapport aux autres modes de production énergétique.

Il permettra, à court terme, une rentabilité non négligeable quand le prix sera déterminé par les lois du marché. D’où l’intérêt des groupes privés pour les activités nucléaires.

L’entée d’un groupe privé dans le capital d’une entreprise aussi sensible, suscite déjà oppositions et inquiétudes, car sûreté nucléaire et recherche de profit ne font pas bon ménage.

De plus, le jeu de Monopoly financier auquel se livre le gouvernement est également à contre-courant des défis environnementaux.

Après le secteur des transports, dans lequel il privilégie la route sur le rail par la fermeture de gares Fret, le pouvoir s’illustre dans celui de l’énergie par sa volonté d’aller au plus vite. Nous commençons à avoir du mal de discerner ce que le futur "grenelle de l’environnement" va pouvoir décider devant cette avalanche de décisions, en dehors de tout débat démocratique.

Nous sommes fortement inquiet, comme tous ceux qui sont attachés aux garanties de sécurité et d’indépendance de ce secteur stratégique à l’égard des intérêts privés.

Nous dénonçons cette nouvelle étape du démantèlement de la base de filière publique nucléaire française, après l’ouverture du capital et la mise en concurrence d’EDF, mais aussi la privatisation de GDF qui va aggraver cette concurrence, puisque le nouveau groupe GDF- Suez sera aussi producteur nucléaire.

Notre région risque donc, à l’avenir, de subir de plein fouet les effets négatifs de cette ouverture du capital d’AREVA. Déjà dans l’obligation d’intervenir sur les pôles de compétitivité initiés par le précédent gouvernement de droite sans avoir été consulté au préalable, une nouvelle fois nous sommes mis devant le fait accompli.

L e groupe communiste estime que notre majorité régionale doit s’opposer à tout prix à ce Monopoly financier dangereux pour ce grand groupe industriel, avec des risques catastrophiques pour notre région, pour la recherche et le maintien de notre savoir faire, mais aussi et surtout pour les salariés d’AREVA et ses sous-traitants, sans oublier les risques majeurs pour les usagers, la sûreté et l’environnement

Nous devons impérativement entrer en résistance avec les Bourguignons.






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