Conseil Régional du 24 septembre 2007 : intervention de Claude Pinon  du vendredi 16 novembre 2007.


 


Notre session dans son ordre du jour n’a rien d’extraordinaire, sauf qu’elle se tient dans un contexte de rentrée politique extraordinaire, qui aura sans doute des répercussions sur les deux dernières années de cette mandature. Par les temps qui courent, il peut paraître incongru de dénoncer la politique du président de la république, et celle des bénis oui-oui du gouvernement et de la majorité parlementaire. Toute la vie politique et médiatique semble plongée dans une curieuse hypnose pour tous les faits et gestes du président/roi. Vu le nombre de courtisans et de transfuges, il est à espérer qu’il restera du monde pour combattre la réalité de sa politique. On nous parle de changement de méthode, mais pour aller où ? On nous parle de volontarisme politique mais au profit de qui ? Le pouvoir d’achat se dégrade, les prix des produits de première nécessité flambent : 40% de nos concitoyens ne sont pas partis en vacances. Les chiffres truqués du chômage ne peuvent masquer la réalité profonde et durable de celui-ci, la progression de la précarité au travail. L’accès aux soins est remis en cause avec la franchise médicale. La mise en concurrence des universités, sans moyens financiers nécessaires pour l’ensemble des universités, sans aides supplémentaires aux étudiants. C’est l’attaque frontale contre les services publics, la fonction publique avec la suppression de 23 000 postes. Ce sont des milliers de professeurs, d’infirmières, de policiers qui vont disparaître. C’est la TVA dite sociale qui verra le jour après les municipales quand 14 milliards d’euros ont été donnés en cadeau aux plus fortunés. Dans le paquet fiscal, il y a le bouclier fiscal, résultat 1081 foyers fiscaux, dont le patrimoine dépasse 15,5 millions d’euros, bénéficient de 272 millions de ristourne soit 250 000 euros par foyer : ça, c’est de la justice, de l’équité de Sarkozy et là ce n’est pas la faillite ! C’est le service minimum dans les transports, alors que l’on sait que ce ne sont pas les grèves qui posent problème, mais le recul des moyens financiers pour assumer un vrai service public. Qui plus est, dans ce secteur le fret est visé ce qui aura aussi des conséquences en trafic routier avec les dégradations environnementales. C’est la privatisation de GDF qui se soldera par une dégradation du service public, une augmentation des prix pour les particuliers. Au-delà, ce sont les menaces sur l’ensemble de la filière énergétique, des interrogations sur AREVA, et les craintes sur la sécurité nucléaire. Ce sont les régimes spéciaux de retraites qui sont dans le collimateur, alors que l’on sait qu’ils ont été institués dans le cadre de contrats de travail spécifiques et qu’ils ne représentent que 7% de l’ensemble des retraites, ce qui permet d’évacuer la vraie question d’une réforme profonde et équitable, dans le cadre du régime par répartition, en cherchant des finances ailleurs que comme toujours, dans les poches des salariés. C’est aussi la remise en cause de la durée du temps de travail hebdomadaire qui donne le droit à la retraite. Toujours travailler plus dans un pays qui a l’une des plus fortes productivités par salarié, puisque le volume des richesses créées en France a triplé ces dernières années. Je pourrai allonger ce tableau mais je m’arrêterai aux questions internationales. Pendant qu’on amuse la galerie avec la femme du président qui aurait été la chef d’un règlement humanitaire en Lybie, on fait rentrer par la fenêtre ce que les Français ont fait sortir par la grande porte en mai 2005 : le Traité Constitutionnel Européen, dans un artifice de forme et par voie parlementaire. C’est un nouveau référendum qu’il faut organiser et puisque le président dit qu’il n »a peur de rien, alors chiche ! Et puis, il y a le bruit des bottes pour l’Iran, d’abord le président qui parle de bombardements, et son ministre girouette Kouchner qui parle de guerre : tous derrière Bush en somme ! Et bien voyez-vous c’est le contraire de tout cela qu’il faut penser, réorganiser. Une société où la table des lois ne serait plus la concurrence de tous contre tous, mais la solidarité, la justice sociale, la liberté et la paix. Une société de partage. De partage des richesses, de partage des savoirs, de partage des pouvoirs, dans une démocratie renouvelée. C’est possible, nous y croyons pour peu que la gauche se rassemble dans sa diversité, et pour peu qu’une partie d’entre elle cesse d’être tétanisée par les fausses belles images et entre dans l’action contre un gouvernement qui veut appliquer la politique la plus rétrograde depuis cinquante ans.






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