Conseil Régional du 22 octobre 2007 : déclaration d’Hélène Brun  du vendredi 16 novembre 2007.


 


Déclaration d’Hélène BRUN, Conseillère Régionale communiste lors de la séance plénière du Conseil Régional de Bourgogne du 22 octobre 2007

Monsieur le Président, Chers collègues,

Permettez-moi à l’ouverture de cette séance plénière de notre Assemblée et avant d’entrer dans l’étude des dossiers qui nous réunissent aujourd’hui d’exprimer toute mon émotion.

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République a demandé que soit lue dans tous les lycées la dernière lettre du Guy Môquet jeune garçon de 17 ans fusillé par les nazis le 22 octobre 1941 dans la carrière de Chateaubriand.

Dans ma famille au plus loin que je m’en souvienne le 22 octobre était jour de souvenir et mon père était bouleversé à chaque fois que Chateaubriand était évoqué.

Député communiste des Bouches du Rhône il a été incarcéré au bagne de Maison Carré en Algérie avec 26 autres députés communistes dont le père de Guy Môquet, Prosper Môquet, cheminot, élu du 17ème arrondissement de Paris en 1936 au moment du Front Populaire. En 1945 il deviendra député de l’Yonne.

Enfant du Front Populaire, Guy repris le flambeau à l’arrestation de son père et entre naturellement en résistance.

C’est à mon père qu’incomba la douloureuse mission d’annoncer à son camarade de combat et de détention lorsque la nouvelle leur parvint que parmi les 27 fusillés de Chateaubriand il y avait son fils.

Ma mère après la guerre s’est beaucoup occupée des familles de nos camarades fusillés et particulièrement des familles de Jean Poulmarch et d’Henri Pourchasse eux aussi fusillés à Chateaubriand.

Pour moi, comme pour mes camarades, l’assassinat de Guy Môquet ne peut se résumer à une lettre aussi intime écrite par un fils à ses parents au moment de mourir.

Guy Môquet comme ses 26 camarades sont morts en résistants et en militants communistes livrés aux allemands par le ministre de l’intérieur de Pétain, Pierre Pucheu.

Celui administrateur des fonderies de Pont à Mousson, des aciéries de Micheville, fondateur du cartel international de l’acier était un des plus éminents représentants de ce que l’on appelait alors le Comité des Forges et de cette bourgeoisie qui après le triomphe d’Hitler entend prendre sa revanche sur le Front populaire, de ces patrons auxquels de Gaulle dira à la Libération : « Messieurs heureux de vous voir, je ne vous ai pas beaucoup vue à Londres..... »

Le choix des otages par Pucheu est un choix politique : 5 secrétaires de Fédération syndicale, les autres sont professeurs, étudiants, ouvriers, presque tous sont communistes et nombre d’entre eux sont des élus, parmi eux Titus Bartoli, instituteur retraité de Digoin et Guy Môquet , 17 ans, fils du député communiste Prosper Môquet.

Tous avaient été arrêtés pour f ait de résistance, de distribution de tracts, de l’Humanité clandestine, d’organisation de réseau.

Pierre Pucheu a choisit de faire fusiller des dirigeants et des élus du Front s’était la revanche.

Guy Môquet n’a pas choisi de donner sa vie à la France. On l’a lui a volée. Lui voulait vivre libre. Comme voulaient vivre les libres les résistants des groupes MOI ( Main d’œuvre ouvrière immigré) et du groupe Manouchian.

N’oublions pas ce qu’écrivait Louis Aragon dans Le témoin des martyrs, rédigé en 1942 dans la clandestinité « Est-ce bien la France direz-vous, où se passe des choses pareilles ? Oui, c’est la France soyez en sur,ces 27 hommes représentent la France mieux que ceux qui les ont désignés aux bourreaux allemands ».

C’est aussi la leçon de Guy Môquet. Entendons bien ses mots écrits sur les murs de sa cellule « Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».

C’est à nous qu’il s’adresse. Etre digne c’est refuser l’inacceptable, l’injustice, la xénophobie, la remise en cause des avancées sociales de 1936 et de 1945, du programme Conseil National de la Résistance.

La France n’avance que quand elle porte haut les idéaux de justice et de liberté pour lesquels Guy Môquet est tombé le 22 octobre 1941 sous les balles allemandes.






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