Débat d’orientation budgétaire de Dijon  du mercredi 27 décembre 2006.


 


Intervention du groupe communiste de Dijon - Débat d’orientation budgétaire - le 6 novembre 2006

Monsieur le Maire, cher(e)s collègues,

Au nom du groupe communiste, je voudrais apporter quelques remarques sur l’analyse de la situation budgétaire de notre ville, sur les réalisations et les projets 2007, et émettre des interrogations et propositions. Je crois que la question essentielle que nous devons nous poser et poser aux Dijonnais est : notre municipalité est-elle en capacité financière d’exercer ces missions et de répondre aux attentes des Dijonnais ? Concernant notre politique municipale, que ce soit sur les réalisations antérieures comme pour les projets 2007, notre volonté est clairement affichée de répondre aux exigences et aux urgences sociales (toujours plus importantes, un an après les révoltes dans les cités). Que ce soit l’aide à la construction de logements sociaux et le développement des nouveaux services à la population avec des équipements nouveaux culturels, sportifs et de proximité, et notamment en direction de la jeunesse qui souffre tant du manque de perspective d’avenir quoi qu’en dise certains.

En effet, les élus locaux que nous sommes, en étant au plus près des populations et donc de leur vie quotidienne se devaient de développer des réponses à leurs besoins, et c’est ce qui nous est proposé dans les orientations pour 2007. Mais une telle politique ambitieuse demande des moyens financiers et humains, et je tiens à dire que toutes les réponses ne dépendent pas que de la responsabilité des communes et donc de Dijon, l’Etat en a une, qui n’est pas des moindres, celle de la solidarité nationale, mais il a une fâcheuse tendance à la réduire d’année en année, de budget en budget. Et même si certains (opposition) pensent que je déborde du cadre local, municipal, je parlerai ici du contexte national d’aggravation des inégalités et de restriction des dépenses publiques mises en œuvre par ce gouvernement. Regardons le budget national : sur quelques postes : Moins pour la culture, pour l’enseignement scolaire, Moins pour les transports, moins pour la ville et le logement Avec comme credo : de réduire le déficit public rentrant dans les clous des contraintes budgétaires imposées par la BCE. Mais le gouvernement oublie de dire à nos concitoyens que l’argent coule à flot pour certains dans notre pays, il n’y a qu’à lire le numéro d’octobre de Capital et regarder les bénéfices nets des sociétés du CAC 40 : 50 milliards pour le premier semestre 2006. Vous aurez le vertige, je les tiens à votre disposition. En fait plutôt que de réduire les inégalités, le gouvernement avec son budget 2007, va les creuser : sa logique est de prendre aux pauvres pour donner aux riches leur permettant ainsi de devenir plus riches. Pour preuve : l’envolée de + de 18,8 % en 2006, de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune). Et avec le « bouclier fiscal » ce sont les catégories les plus aisées qui en profiteront : 10 % des foyers vont bénéficier de 63 % de cette réforme, alors qu’à l’autre bout de la société, on va faire la chasse, « la guerre » aux pauvres, en examinant leur « train de vie » (voiture, déplacements, propriétés) avant de leur octroyer des prestations : la CMU, l’API ou le RMI. Dans le même temps, en direction des collectivités locales, ce gouvernement tient un double langage, il étrangle financièrement les collectivités locales et leur demande de prendre leurs responsabilités ; stigmatisant leurs hausses de dépenses. Et au regard de l’exposé de mon collègue G. Gillot, notre ville n’est pas épargnée, par la diminution des dotations et les baisses de compensations, sans compter les nouvelles compétences pour les communes. D’un côté, le gouvernement opère un recul de son financement et de l’autre il met en place un véritable carcan fiscal en plafonnant les cotisations de la TP (qu’il aimerait d’ailleurs voir disparaître) cela concerne le Grand Dijon (1,5 millions) (TPU).
-  Inquiétudes pour le budget 2007, quand on voit venir les baisses de financement de la CNAF des CAF pour les loisirs et la petite enfance, et désengagement des centres sociaux. Certains peuvent déplorer le manque de place en crèche, les Dijonnais doivent savoir que les exonérations de cotisations, cela pèse aussi dans les caisses de sécurité sociale et les CAF.

-  Inquiétudes aussi, sur les transferts de compétences en discussion en ce moment à l’Assemblée Nationale avec la soi-disant loi de « prévention de la délinquance » qui autre que c’est un projet dangereux, il va donner des responsabilités aux maires qui n’ont ni les moyens, ni les compétences de les assumer.
-  Inquiétude aussi sur la volonté de ce gouvernement de remettre en cause le contrat de croissance et de solidarité entre l’Etat et les collectivités locales. Face à cette asphyxie financière on peut se demander quelle est la volonté du gouvernement ? - que notre commune augmente la pression fiscale ?
-  que Dijon n’investisse plus dans les équipements nécessaires à la population ?
-  qu’elle diminue encore les dépenses de fonctionnement qui ont déjà été réduites, alors que le pouvoir d’achat de la fonction publique stagne ? Ou alors que notre commune réduise les services publics, les privatise et les donne en pâture aux marchés financiers. De toutes ces solutions, les élus communistes et bien d’autres n’en veulent pas, car elles sont synonymes d’inégalités et d’injustices, par contre, d’autres perspectives existent pour inverser cette spirale infernale : il y a besoin de recettes suffisantes avec une fiscalité partagée équitablement. Exigeons que les actifs financiers des entreprises soient mis à contribution : 5 000 milliards d’Euros, taxés à 0,5% cela ferait 25 milliards d’euros disponibles pour les collectivités.

Le 18 novembre, à Paris, ensemble élus et citoyens sont appelés à manifester pour exiger une réforme de la fiscalité locale plus juste socialement et plus efficace pour l’intérêt général, je vous invite à prendre connaissance et à signer la pétition.






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