Déclaration de Isabelle GRAPTIN, Conseillière municipale à Chenôve, pour le groupe des élu(e)s communistes et républicain(e)s  du mardi 30 mai 2006.

Parue dans "La lettre d’information, Chenôve" de mai 2006
 


1936 - 2006

Le Front Populaire a été un immense mouvement social et politique. Il a permis de repousser le fascisme français qui menaçait la République. Après lea victoire électorale du Front Populaire, les travailleurs et les travailleuses par une grève sans précédent, occupant les entreprises, ont obtenu : les congés payés, les 40 heures, des conventions collectives, des délégués élus dans les entreprises et d’importantes augmentations de salaires.

En 1945, le programme du Conseil national de la Résistance, les nationalisations, les comités d’entreprises, les nouveaux droits des travailleurs ont, à bien des égards, continué les idées de 1936.

2006

Après des années de régression sociale, de mépris et d’injustices, la jeunesse et le peuple cherchent à nouveau les cheminns d’une issue face à une société de plus en plus insupportable. Comme en 1936, un espoir monte en France et en Europe. L’histoire ne se répète jamais. Mais la grande leçon du Front Populaire est vivante : l’importance des combats sociaux, le besoin de rassemblement et d’union, et le rôle central de l’initiative populaire.

L’Europe libérale est ébranlée

Les propos de ce syndicaliste allemand, responsable des jeunes métallurgistes, en disent long sur l’influence en Europe des manifestations françaises. Alors que l’esprit du CPE est contenu dans les textes du sommet européen de Lisbonne en mars 2000, les mobilisations ont ébranlé l’Europe libérale.

En mars 2005 encore, la Commission de Bruxelles proposait d’"accroître le flexibilité des marchés du travail". En perdant la bataille du CPE, le gouvernement et l’UMP ont échoué dans une mission qui dépasse largement le cadre français : celle de la flexibilité du marché du travail en Europe. L’enjeu était de taille, il n’est qu’à voir l’entêtement du Premier ministre depuis plus de deux mois. Les raisons sont à chercher en premier lieu dans la volonté du MEDEF de développer la précarité. L’autre raison est à chercher du côté du soutien du patronat européen et des orientations de l’Union européenne.

Après les coups de semonce des "non" français et néerlandais au projet de constitution européenne, la victoire contre le CPE lance un nouveau pavé dans la mare de l’Europe libérale. Une montée des résistances qui correspond à un rejet des politiques de casse des droits sociaux. Le point décisif marqué contre le CPE est une bonne nouvelle pour l’avenir d’un Europe sociale.

Mais les sanctions tombent, certains jeunes ont été jugés et embastillés avec qu’un seul tort aux yeux du pouvoir : lever la tête, défendre leurs droits, travailler à leur avenir. Au nom des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Des parquets aux ordres de leur hiérarchie entraînent des prononcés à la main plus que lourde.

Ils ont à peine 18 ans ou un peu plus de 20 ans. Ils sont lycéens, étudiants, parfois jeunes salariés. Ils n’étaient pas de ces bandes dites de "casseurs", s’attaquant avec une rare violence, sous les yeux des caméras et des forces de police, aux jeunes filles et garçons manifestant contre le CPE. Ils étaient au contraire du vaste mouvement de protestation qui a gagné le pays face à la provocation, à l’aveuglement, à l’intransigeance du gouvernement. Alors, il faut les punir.

L’Humanité a lancé une pétition pour l’amnistie des jeunes anti-CPE ; en quelques jours, près de 10 000 noms sont venus s’ajouter aux premiers signataires. Le mur du silence sur ces procédures honteuses est lézardé. Les témoignages de soutien affluent.

Le président de la République peut amnistier les peines prononcées, comme cela a déjà été le cas en 1969, 1974, 1988, 1995, ou encore en 2002. Le ministère de la Justice peut inverser ses consignes aux procureurs.

Reste à tracer les contours d’une véritable politique alternative à gauche. La France a soif de vrais changements, de contenus, comme les semaines que venons de vivre en ont témoigné avec une force exceptionnelle.






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