PIERRE LAURENT A LA MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME  du vendredi 5 juin 2015.


 


Une visite naturelle et... inévitable

Il était naturel et inévitable que Pierre Laurent, à l’occasion de sa tournée « bourguignonne-franc-comtoise » rende visite à « la maison des sciences de l’homme » de l’Université de Bourgogne où Jean Vigreux et son équipe nous ont accueillis pour nous présenter leur travail de mise en ligne des « archives du communisme ».

Les sciences humaines ne sont pas à la fête. Car l’ordre règne. Les inégalités se creusent de manière vertigineuse. Les rapports marchands colonisent des territoires que l’on croyait préservés : éducation, santé, culture, environnement, et bien sûr la RECHERCHE. De prétendus critères de rentabilité s’imposent désormais à tous les services publics. Tandis que les formatages publicitaires prolifèrent, la compétition et l’esprit d’entreprise sont des objets de culte à vénérer. Les solidarités sociales se détruisent sous l’effet d’une mise en concurrence généralisée.

L’ordre règne, donc, et ses défenseurs renouvellent sans cesse les armes de sa domination. Responsables politiques et intellectuels à son service travaillent d’arrache-pied à faire croire qu’il irait de soi. Après avoir ordonné le silence sur les classes sociales et leurs luttes - comme si elles avaient disparu - et sur le mot même de « capitalisme » - à ne pas contester au point de ne même plus le nommer -, les gardiens de l’ordre misent sur la résignation en imposant leur doxa et leur jargon. Ces experts parlent du travail d’après son « coût », assimilent la protection sociale à des « charges », font passer des régressions pour des « réformes », opposent qui a un travail et qui n’en a pas, qui est né en France ou ailleurs. Il faudrait donc acquiescer à cet ordre-là, à son organisation sociale fondée sur la course au profit et l’inégalité, sans autre forme de procès.

Notre rencontre, ce n’est pas le symbole du parti communiste qui se pencherait avec nostalgie sur son glorieux passé. Non l’histoire critique (mais existe-t-il une histoire qui ne serait pas critique ?) s’empare du passé, pour en suivre l’évolution sur la durée, jusqu’au moment ou le passé accouche du présent, c’est-à-dire aujourd’hui. Mais cet aujourd’hui est lui-même un simple interface entre le passé et un futur en train de s’écrire.

Ainsi il ne s’agit pas seulement de demander au passé l’explication du monde d’aujourd’hui, mais de le transformer. « Il n’y a pas d’alternative » nous martèle-t-on. Contre cette sommation à ne plus penser, un chantier, immense, est à explorer, en s’aidant de l’histoire qui montre qu’on peut changer le cours des choses qu’on croyait immuables. Merci à l’université de Bourgogne, à la MSH, à l’équipe « Paprika » d’y contribuer, en toute indépendance, mais en assumant pleinement sa démarche scientifique. Georges Vayrou






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