Intervention - Débat Général - Nathalie Vermorel - De Almeida  du mardi 21 février 2012.

Présidente du Groupe Communiste au Conseil Régional de Bourgogne
 


Intervention Nathalie Vermorel - De Almeida
Session du 20 février 2012


En réaction aux propos du FN...

Comme à son habitude, le FN nous sert un discours digne de l’Abbé Pierre avec la démagogie habituelle à sa formation. Les propos sur le "vol de fioul" relève plutôt du "viol des foules".
Comme le pratique si bien la Présidente de votre mouvement qui dans une imposture totale plaint les français et dans son programme propose d’amplifier et d’aggraver la politique de droite capitaliste dans notre pays et l’Europe entière.
Aucune trace de l’augmentation du SMIC, retraite par points et non par répartition... Et vous traitiez les syndicalistes d’émeutiers !!! Vous prétendez défendre les plus faibles mais votre programme démontre le contraire...
En Bourgogne, comme dans le reste du territoire national, ce début d’année 2012, ne sera pas marqué par une quelconque amélioration de la situation économique et sociale.

Les prévisions d’investissements et de production sont en berne dans les entreprises. Comme le pouvoir d’achat des français qui vient d’être à nouveau touché par la première mesure d’augmentation de la TVA annoncée par François Fillon fin 2011 et appliquée dès janvier 2012. Cette augmentation porte un certain nombre de biens et de services du taux réduit de 5,5% à 7% voire à 19,6% comme les produits phytosanitaires pour les agriculteurs.

Cette hausse percutera également le budget des Régions puisque les transports ferroviaires sont concernés par la TVA à 7%. Le Gart (Groupement des Autorités Responsables de Transport) évalue à 33 millions d’euros l’impact financier pour les Régions.

Et comme si cela n’était pas suffisant le chef de l’Etat en « remet une couche » en annonçant une nouvelle hausse de TVA de 19,6 % à 21,2%, au nom de la compétitivité des entreprises. L’objectif cette fois ci est de trouver 13 milliards d’euros dans les poches des consommateurs afin de pouvoir exonérer, une fois encore, les employeurs du paiement de leur part de contributions sociales.

Au-delà du fait que 63% des français sont totalement hostiles à cette mesure,

Au-delà du fait que les exonérations de cotisations (dont le montant flirte avec les 30 Mds d’Euros par an) n’ont pas sensiblement amélioré l’emploi c’est le moins qu’on puisse en dire vu les chiffres du chômage,

Cette mesure, comme les précédentes sera totalement inefficace, car ce n’est pas une aide aux entreprises, contrairement à ce qui nous est dit ; C’est une fois de plus une manne pour le capital, contre la rémunération du travail.

Ces exonérations successives et substantielles ne sont pas une solution efficace pour l’emploi et la santé économique, La cour des comptes elle-même le pointe et la situation catastrophique de l’économie en atteste.

En 2011, l’emploi bourguignon, y compris l’emploi intérimaire, n’a cessé de diminué et le taux de chômage ne connaît aucune amélioration restant bloqué à 8,5%. Comme au niveau national le nombre de création d’entreprises recule, lié, entre autre, au durcissement des conditions de financement des entreprises par les banques.

Les entreprises de travaux publics bourguignonnes connaissent un tassement d’activité depuis l’automne 2011 et s’inquiètent du niveau de la commande publique en 2012. L’investissement des collectivités territoriales représente près de trois quart de l’activité du secteur professionnel des travaux publics.

Lors des 8ième journées nationales du Transport Régional de Tours le 14 février dernier les constructeurs de train ont exprimé de graves inquiétudes devant l’affaiblissement des commandes des collectivités territoriales pour le tram ou le TER. Si la barre ne se redresse pas rapidement certaines lignes de production devront fermer. Au Creusot, Alstom Transport fabrique des châssis pour le ferroviaire, ce sont plus de 500 emplois qui sont concernés.

La prochaine recette miracle du chef de l’Etat c’est demain à l’assemblée nationale qu’elle nous sera administrée.

En effet, le Traité sur le Mécanisme Européen de Stabilité, sera à l’ordre du jour de nos parlementaires. Ce dispositif organise dans l’opacité et sans contrôle démocratique un fonds d’intervention pour venir en aide aux états en difficulté. L’argent des citoyens européens sera géré par une société anonyme basée au Luxembourg. La justice et les députés ne pourront avoir aucun droit de regard sur cette société. Seuls deux pays auront un droit de veto pour interdire l’aide à un peuple : l’Allemagne et la France.

Ce nouveau traité européen confirmera hélas le statut de la Banque centrale européenne qui lui interdit de prêter directement aux Etats à 1% plutôt qu’aux banques privées qui re-prêtent ensuite à ces mêmes états à des taux entre 4 et 18%.

Ce traité sera suivi d’un autre, le « Traité sur la stabilité, la coordination et la Gouvernance dans l’union économique et monétaire », qui imposera la limitation du déficit de chaque état membre à 0,5% se son PIB au lieu de 3% actuellement.

Pour atteindre les 3% de déficit autorisé ce gouvernement a gelé les dotations des collectivités territoriales. Qu’en sera-t-il à 0,5% ?

Nous pouvons le dire sans nous tromper.

Tous les peuples européens seront traités comme le peuple grec à qui l’Europe et le FMI imposent la dictature des marchés financiers avec pour conséquences la baisse des salaires et des pensions, l’augmentation de la TVA, la casse des services publics et l’augmentation du chômage et du taux de suicides. C’est ce que la droite appelle des politiques de courage et de responsabilité.

Dans les Régions, nous résistons, nous déployons des politiques de service public, de solidarité, de développement mais nous ne pouvons être un rempart suffisant.

Le Plan pour les continuités professionnelles que nous allons examiner aujourd’hui porte l’ambition de la formation tout au long de la vie dans un parcours sécurisé. Il appelle le développement d’une véritable sécurité sociale professionnelle qui garantira tout au long de l’existence une sécurité des revenus dans des parcours alternés entre emplois et formation. La qualification est une des conditions du développement économique et social. C’est par une organisation aussi ambitieuse que le fut celle de la sécurité sociale au sortir de la seconde guerre mondiale que nous répondrons à ce défi.

Quand au soutien aux entreprises, c’est aux banques de prêter pour le développement de leurs projets. La Région pourrait alors intervenir auprès des entreprises par la prise en charge plus ou moins importante de leurs frais de remboursement selon que les projets financés répondent à des critères de responsabilité sociale et environnementale. Cela nous permettrait d’interpeller aujourd’hui la société Senoble qui après avoir empoché l’aide de la Région dans le cadre du pôle de compétitivité s’en est allé créer 200 emplois en Espagne, mais il faut dire que là-bas le salaire minimum a été bloqué à 641€ mensuels pour cause de mesure d’austérité et qu’ainsi la société Senoble est gagnante sur les deux tableaux.

Par ces deux exemples concrets nous voyons bien qu’à la fois nous nous résistons mais également que nous touchons aux limites de l’exercice. Les politiques publiques nationales se doivent d’être revues de fond en comble mais également l’exercice de la démocratie avec un véritable besoin à tous les niveaux de la société civile et des entreprises (qu’elles soient publiques ou privées) d’un droit d’intervention et de décision des citoyens.

Les relations entre l’Etat et les collectivités doivent également être rénovées. Les Régions ont fait la preuve de leur pertinence territoriale, de leur capacité à être rassembleuse des acteurs dans la construction de politiques concertées, elles doivent gagner encore en capacités de co-décision avec l’Etat.

Elles doivent absolument retrouver des moyens financiers pour répondre aux besoins des populations. Dans les temps qui viennent ce sera une question de survie de nos politiques.






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